L’affaire SVB : une leçon sur la liquidité et les risques bancaires

onebird
4 min readJun 1, 2023

La faillite de la Silicon Valley Bank (SVB) du 10 mars 2023 a mis en lumière les défis auxquels sont confrontés les banques en matière de liquidité et de gestion des risques.

L’analyse des raisons de la faillite de la SVB et l’exploration des mécanismes de gestion de la liquidité bancaire permettent de mieux comprendre les enjeux liés à ces domaines.

Les facteurs de la faillite SVB

La faillite de la SVB peut être attribuée à plusieurs facteurs, notamment la concentration de son activité sur les startups de la Silicon Valley, une double concentration géographique et sectorielle.

De plus, la qualité des actifs liquides de la SVB était médiocre, avec une part importante de titres investis dans des Mortgage Backed Securities et des Commercial Backed Securities soumis à un risque de taux élevé. Enfin, l’assouplissement de la réglementation Dodd-Frank Act en 2019 a permis à la SVB d’échapper aux exigences en matière de liquidité et de financement stable à long terme (LCR et NSFR).

Pour mieux comprendre, revenons à la base : le rôle des banques

Les banques jouent un rôle crucial dans l’économie en assurant la transformation de l’épargne en placements et investissements à long terme, en répartissant et redistribuant les risques entre les agents économiques et en surveillant les emprunteurs.

En ce sens, la gestion des risques est essentielle pour assurer la stabilité du système financier et prévenir les crises bancaires. Les banques sont exposées à divers risques, notamment le risque structurel de bilan, le risque de position et le risque de liquidité. La gestion efficace du risque de liquidité est essentielle pour assurer la stabilité et la viabilité à long terme d’une banque.

Gérer le risque de liquidité, alias l’ALM

L’ALM (Asset Liability Management) est une méthode globale et coordonnée permettant à une banque de gérer la composition et l’adéquation de l’ensemble de ses actifs et passifs et de son hors-bilan. L’ALM vise à mesurer et à couvrir les risques de taux, de liquidité et de change du bilan, en particulier ceux générés par les opérations commerciales de la banque.

Bâle 3 a introduit à ce titre en 2017 deux ratios de liquidité importants : le LCR (Liquidity Coverage Ratio) et le NSFR (Net Stable Funding Ratio).

  • Le LCR exige des banques de détenir un stock d’actifs hautement liquides pour faire face aux sorties de trésorerie.
  • Le NSFR exige des banques de disposer de financements longs en face de ses emplois longs.

La solidité d’une banque et sa faible probabilité de faillite sont étroitement liées à une situation confortable en termes de liquidité et de solvabilité. Pour évaluer si une banque maîtrise correctement son risque de liquidité et est éloignée du risque de faillite, il est important d’examiner différents éléments tels que la réserve en titres liquides, la capacité de refinancement de l’établissement, la stabilité des ressources à vue et de l’épargne de bilan longue collectée auprès de la clientèle et les besoins de liquidité maîtrisés.

En somme, l’affaire de la Silicon Valley Bank (SVB) est une leçon importante pour le secteur bancaire. Pour éviter de telles situations à l’avenir, les banques doivent être vigilantes quant à la diversification de leurs actifs et passifs, à l’évaluation des risques potentiels et à la mise en place de mécanismes de contrôle efficaces.

Les régulateurs ont également un rôle clé à jouer en mettant en place des régulations appropriées et en surveillant étroitement les activités des institutions financières. La gestion des risques et de la liquidité est essentielle pour assurer la stabilité et la pérennité d’une banque, et garantir la protection de l’économie dans son ensemble.

La spirale infernale

L’incapacité à gérer efficacement les risques peut entraîner une spirale infernale qui menace la solvabilité des banques, entraîne une crise économique et même une crise souveraine :

  • Incapacité à recapitaliser suffisamment les banques, entraînant une crise bancaire (menace sur la solvabilité des banques) ;
  • Incapacité à soutenir l’activité économique, provoquant une crise économique (freinage de l’activité et de l’emploi) ;
  • Incapacité à apporter un soutien crédible aux États membres, déclenchant une crise souveraine (doute sur la solvabilité des États)

Il est donc crucial pour les banques de maîtriser leur risque de liquidité et de solvabilité afin d’éviter de telles situations et de garantir leur propre stabilité financière ainsi que celle de l’économie.

Conclusion

En fin de compte, la faillite de la Silicon Valley Bank nous rappelle l’importance cruciale de la gestion des risques et de la liquidité pour les banques. Les leçons de cette affaire devront être retenues et appliquées pour éviter toute répétition de telles situations à l’avenir…

Article écrit par Xavier JOSEPH, Associé onebird en charge de la practice Risk Management

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